vendredi 16 novembre 2007

The Pursuit Of Crappyness

Bon, je pourrais passer mon temps à vous décrire ce dernier mois bizarre, mais ceux qui me connaissent en connaissent déjà les grandes lignes. Les autres, vous n’en mourrez pas.

Ce Blog, c’est pour ceux qui savent, ne l’oubliez pas. Je ne chercherai pas à vous plaire, ou vous convaincre, ou cumuler les commentaires. Si vous aimez pas, c’est ballot. Si vous avez lu et que vous ne savez pas quoi mettre comme commentaire, j’ai atteint mon but. Et si vous voulez en laisser un c’est cool aussi.

C’est pour ceux qui savent que leur quotidien sur cette planète n’est qu’une série de baffes dont on ne se lasse apparemment pas. C’est pour ceux qui savent qu’il faut penser à l’échec plus qu’au succès pour être prêt au bon moment, c’est pour ceux qui ne se font pas d’illusions car ils savent que les ignorants peuvent pourrir leur existence à coups de caprices.

Chacun de nous vit en espérant atteindre un rêve, un idéal, parfois même en étant conscient de l’improbabilité de sa réalisation.
Est-ce du courage ou de la connerie ? Libre à vous de l’appeler comme vous voulez. Pour moi ce n’est que persévérance, attente, et souvent frustration.
Nous qui aimons nous appeler « libres » vivons en réalité prisonniers des mœurs établies dictant nos désirs, notre standard, nos bonheurs et nos malheurs. Quels qu’ils soient.

On n’invente rien.

Même si on le fait, c’est en comparaison/opposition/relation avec quelque chose qui existait déjà, où que le passé nous a poussé à imaginer.

Mais alors qui sommes nous réellement ?

Parce qu’au final, quand on y repense, c’est un truc de fou.
On n’a pas demandé à se faire parachuter dans ce bordel si ?
Et puis on est là à chercher le bonheur, comme si on était conçus pour ça.

Je ne dis pas que c’est pas bien, moi le premier je me suis fait mon plan pour les années à venir, afin de parvenir à mon idéal plus tard.

Je vais pas trouver de réponse à cette question, et honnêtement je doute que vous en trouviez une aussi.

Pour la bonne et simple raison qu’on a pas que ça à foutre. On veut de l’argent, une famille, une bagnole, aider les gens, baiser, faire la révolution, glander, faire la fête, montrer de quoi on est capable. Choisissez.

Enfin bref on veut kiffer, et pour ça il faut faire un certain nombre de choses et de choix dans sa vie, et il faut en négliger d’autres. Il y en a qui décident de suivre le mouvement, d’autres veulent aller à contre courant (respect).
Je pense honnêtement faire partie de la première catégorie. Si c’est naze ou pas, j’en sais rien. Et je m’en branle à vrai dire.

Ne soyez pas déçus du genre « putain il raconte tout ça pour dire qu’il veut faire comme tout le monde? ».

Heu.... ouais ?

Passons.

Depuis quelques semaines, j’ai repris mon job ponctuel qui consiste à représenter une maison d’édition sur des forums entreprises/étudiants organisés par des écoles de commerce, d’ingénieurs, privées ou autre.

Le délire pendant ces forums c’est que ces étudiants (qui sont dans leur 5e année après le bac) rencontrent les entreprises dans l’espoir de décrocher un stage ou un job.

Mon job à moi consiste à distribuer divers guides à ces « futurs jeunes cadres dynamiques ».

Là où c’est triste, c’est quand je les vois défiler à mon stand. Y’a ceux que tu sais qu’ils vont gérer plus tard, ils ont la tchatche, la volonté, la présentation, etc. Et puis y’a ceux qui payent pas de mine, se pointent habillés comme tous les jours, ne savent pas se vendre, sont timides, sont paumés, sont pas sûrs d’eux. Ceux là font vraiment de la peine. Mais nan je suis pas un connard.

Il n’y a pas à être d’accord ou pas avec moi. Comme tous les autres ils ont payé 7000 euros chaque année passée dans leur école, ils vont sans doute avoir leur diplôme, mais n’ont aucune chance face aux stéréotypes bourgeois qui défilent et font sourire les recruteurs de l’Oréal, Ernst & Young, et autres boîtes cherchant à recruter des managers et autres commerciaux dotés d’une assez grande gueule pour vendre leur produit.

Il y a deux semaines, un groupe d’étudiants maghrébins sont venus me voir, démoralisés. Ils me disaient qu’ils n’attendaient rien de ces forums, que leur nationalité les empêchait d’être embauchés.

Le pire, c’est que c’est vrai. Ca se voit dans les yeux des recruteurs. Difficile pour eux d’imaginer une fille voilée comme chef de projet, manager d’une équipe, ou commerciale.

C’est cheum non ?

Est-ce une démonstration de la sélection naturelle ?

Et puis, qu’est-ce qui leur donne la force de continuer ?

La naïveté ? Le courage ? L’audace ?

Comment peut-on s’en remettre à l’avenir ? Comment peut-on « profiter de la vie », vivre chaque jour « comme si c’était le dernier ? ».

Putain et si ça servait à rien ? Et si on se cassait le cul et que ça donnait rien ? Alors quoi, on va se dire « j’ai tout donné, j’ai pas de regrets ? ».

Mon cul ouais…

On serait comme un con au final.

Pas de morale, pas d’ouverture, pas de fun, juste de l’amertume cette fois.

Nan, j’essaie pas de vous enlever toute envie de vivre, loin de là. Je me demande juste si ça vous arrive de penser comme ça ou si je suis baisé dans ma tête.

Bah, et puis nique sa mère.

Sortez la magnésie et les mousquetons, on va se le gravir ce Layer Cake.

vendredi 7 septembre 2007

In God We Hate


Cet article est, pour ceux qui n’auraient pas suivi, une explication de ma vision et de mon avis concernant la religion, afin de répondre le plus clairement possible au commentaire de Mehdi (ça y est, t’es une star mon pote) laissé sur l’article After the Wedding dans lequel je mentionnais ma révolte quant à l’utilisation de la religion par certains.

Aussi faché que je puisse paraître, ne prenez pas les attaques de cet article personellement.

Tout d’abord plaçons ce texte dans l’hypothétique: à l’heure actuelle, je n’ai aucune preuve de l’existence de Dieu ou d’une force spirituelle ou physique dictant les agissements de l’Homme sur terre, et je défie quiconque de me fournir de telles preuves… tant qu’on me ramène pas autre chose qu’un sandwich au beurre de cacahuète en forme de Vierge…

Je pointerai aussi l’ambiguïté de ma relation avec la religion.

Je n’observe pas de prière, je ne respecte pas de contrainte confessionnelle comme le Shabbat ou le jeûne ou la prohibition alimentaire. D’un autre côté, je fête Noël (ayant un père catholique et une mère apostolique j’en fête même deux) je profite des jours religieux fériés de la France, et je me repose le dimanche, comme le Dieu chrétien.

Dans les situations de désespoir, frustration ou de tristesse, je lève les yeux et pose la question « Pourquoi tu fais ça putain ? ». Et inversement, quand quelque chose de chanmé m’arrive, je balance un « Merci mon Dieu ».

Donc je peux être qualifié d’opportuniste et d’hypocrite et je devrais avoir honte.

Attends…

Mais j’ai craqué moi.

D’où ?

De quel droit ?

Je m’en bats les couilles en fait.

Pour autant, j’admire les églises, mosquées, synagogues et autres temples construits par les hommes car je trouve ça incroyable de se donner autant de mal pour pratiquer sa croyance. Je les visite avec plaisir et je fais même le signe de croix en entrant dans une église.

Oui, je fais le signe de croix.

Et je ne quitte jamais une église en lui faisant dos.

Pourquoi ?

Par respect.

Par respect envers quelque chose d’irréel qui unit les hommes, et aussi par peur, car c’est aussi ce qui les détruit.

Un exemple flagrant en est ma propre origine.

Partagés entre l’Empire Romain et Perse, puis envahis par les Seldjoukides, les Mongols, puis intégrés à l’Empire Ottoman qui dès les massacres Hamidiens de 1893 tentera de les convertir à l’islam… pour ensuite leur balancer un Djihad dans le gueule en 1914… suivi bien entendu d’un génocide sous le signe du Croissant... Bref entourés de païens et musulmans, les arméniens ne doivent très probablement leur survie qu’à leur foi en la religion chrétienne apostolique.

Donc voilà, on est encore là, et apparemment c’est grâce à Dieu.

Ce passage concernant mes origines n’a rien de nationaliste, ne vous méprenez pas. C’est pour vous expliquer pourquoi je conçois carrément le fait que quelqu’un doive sa survie à Dieu.

Mais ça ne justifie pas tout, ça serait trop simple.


Depuis près de 3000 ans on tue des gens au nom de la religion.

A l’époque on tuait au nom de Dieu, et c’était pas un extrémisme, il ordonnait lui-même les massacres…

MEME DIEU il tuait des gens à l’ancienne, parce que le Dieu de l’époque il était pas si tolérant que ça en fait. Si tu le respectais pas et que tu vénérais des chats, tu te faisais baiser la gueule par un déluge. Ou encore Moïse te massacrait après avoir reçu ses 10 commandements si t’étais idolâtre et que t’avais vu un veau d’or.

Attends attends, y’a pas que les feujs.

Allah veut qu’on lapide une femme qui commet l’adultère ou qu’on coupe la main d’un voleur.

Alors Allah le Miséricordieux, ou Dieu le Clément ou Yahvé le Grand, …

Mes seufs.

Dieu est tolérant ?

La base du Tawhid (dogme de l’Islam) est « La ilaha illa Allah » : Il n’y a de Dieu QUE Dieu.

Elle est où la tolérance là-dedans ???

Le roi David qui défonce tout autour de lui, les Croisades où on tuait de l’infidèle, les Guerres de Religion en France, la Reconquista contre les Maures suivie de l’exclusion des juifs d’Espagne, la croisade contre les Cathares en France, les Serbes qui massacrent les musulmans bosniaques, les gosses fanatisés envoyés en missions suicides par l’Iran pendant la guerre de 1980-88, Sunnites et Chiites qui se défoncent la gueule en Irak…

Et j’en passe…

Alors bien évidemment aujourd’hui les gens sont encore plus fanatisés par des extrémistes qui leur retournent le cerveau. En Iran, l’Ayatollah (celui qui a le droit d’interpréter le Coran d’une manière différente et habile) a son mot à dire dans TOUTES les affaires du pays. Et l’écrasante majorité des gens le suivront, et mourront pour lui, pour Allah et le Prophète.

[edit: par écrasante majorité, je parle de celle des fanatisés et intégristes, pas celle du peuple iranien]

Bande de teubés va....

Je hais la religion.

La religion est utilisée depuis des siècles comme la cause du bonheur, du malheur, et des actes des hommes. Elle a été créée par l’Homme incapable qui cherchait à justifier sa réaction devant la peur.

Quand est-ce que l’Homme va assumer le fait qu’il est le seul à agir sur son monde ?

Je crois en la Science et la moralité/immoralité de l’Homme, et à moins que le Big bang ne soit le pet de Dieu, le Monde aura été, pour moi, crée par un fait encore inexpliqué sur lequel l’homme devrait se pencher d’avantage.

Je ne crois pas en Dieu, car je ne peux pas concevoir que tout le bordel du Monde lui soit dû, et si il n’y a qu’une alternative comme tu le dis Mehdi, je la prends, mais à contrecoeur, car en regardant autour de moi, je ne peux m’empêcher de penser que le Hasard fait mal les choses.

mercredi 5 septembre 2007

Desperate Housegros



Vous revoilà en train de lire un de ces brouillons qui finit publié parce que c’est le « moins pire » (ouais ça se dit pas, et alors ?) des autres essais que j’aurai rédigé, toujours dans le même but, qui reste toujours aussi indéfinissable.


Oui, ça fait perpète depuis le dernier article, surtout qu’il s’en passe des choses en ce moment…

Les gens continuent de s’entasser dans les camps de Baddaoui ou de Breijing pour fuir les Kalachnikovs et les Merkavas qui ont détruit leur vie et celle du mec avec qui ils partagent leur abri, et d’autres se voient remettre les restes du pauvre barbu qui a explosé avec 80 autres types tassés sur la place du marché de Bassorah attendant que quelqu’un les embauche pour 20 centimes de l’heure, tout ça parce qu’un autre barbu était pas content qu’Ali se soit fait baiser y’a 1300 ans…

Mais tout ça c’est bien loin, faut limite chercher dans les Faits Divers…

Bien sûr qu’on à autre chose à foutre, comme retoucher les bourrelets du Nain ou chialer parce que les journaux sont aux mains de ses potes.
Ou encore se plaindre parce que le paquet est à 5,20, se plaindre parce que celle qu’on aime est partie, se plaindre parce que la fac c’est loin et c’est relou les transports, se plaindre parce que la daronne veut que la chambre soit rangée tout le temps, se plaindre parce que y’a plus de thunes sur le compte…
Bref, se plaindre, alors que y’a pire.
Des fois j’ai honte.

Voilà, en fait j’écris ça parce que je viens de le réaliser.
Et si l’envie vous prend de me sortir « Ba tu vois, passe à autre chose, ta vie à toi, elle continue ! », allez vous faire foutre, ça se passe jamais comme ça.

Pourquoi ? C’est simple.

C’est comme quand tu te fais guélar, et que tout le monde, toi y compris, te dit « T’inquiète pas mon pote, tu vas aller à Séville, tu vas chékro de l’andalouse, tu vas bronzer au soleil, tu vas kiffer les cours qui terminent à 14h, la sieste l’après-midi, le botellon, tu vas l’oublier cette gonzesse, et blablablablabla... »

Ah ouais ?
Guess what.


C’est mort pour Séville…

Dans ton cul Nareg.

Ca faisait longtemps que je m’étais pas fait entuber comme ça en fait. C’est pire que de se prendre une crampe parce que c’est le seul truc bien que tu voulais qu’il t’arrive APRES t’être pris ta crampe, et en fait non. Même pas.

Et à ce stade là ça sert plus à rien de chialer. Parce que c’est juste la Lose et c’est triste pour toi.
Limite t’en rigoles, j’te jure. Parce que même dans The Pursuit Of Happyness le mec s’en sort bien à la fin.

Et là tu sais plus quoi faire.

Et puis un jour tu te retrouves chez le FX, en plein domaine de la prison de Fresnes, où se sont regroupés tous tes potes les plus baisés, du Suppôt de Satan à la Crevette en passant par la Viêt, et toi t’as ramené ton cousin du Canada pour lui faire passer une « vraie » soirée depuis les 2 semaines qu’il se trimbale entre le Poitou-Charentes et les musées parisiens (contre lesquels je n’ai rien, au passage). Le problème c’est que même toi t’as oublié ce que c’était la soirée tosgra en pleine semaine, où à peine arrivé, une combinaison de dés habilement jetée(crari) par un pote déjà épongé te fait prendre plus de verres que tu ne peux compter en trop peu de temps pour que tu puisses t’en rendre compte. Et là c’est tipar. Tu roules un pétard, tu bois, tu rigoles, et quand ta tête tourne un peu, tu te rends compte d’une chose, que là aussi tu te sens bien.
Du coup tu décides de te remettre temporairement à ce train de vie de foncedé que t’as quitté y’a près de 3 ans, à savoir les aprèms passées chez tes potes à fumer des joints en jouant à la console et bataillant pour savoir qui va aller chercher le cendrier parce que tes doigts commencer à cramer mais t’as la flemme.

L’insouciance.

J’avais pas ressenti ça depuis genre la 3e, et encore à l’époque j’avais déjà des doutes concernant les piques sur mon sac. Putain quel teubé.

Aujourd’hui c’est peut-être ma cure.
Aux grands maux les grands remèdes.
Ne plus se soucier de rien, tout oublier, laisser venir.
Du moins jusqu’à la rentrée.
Car après, il faudra faire bonne figure, se reprendre en main, se remettre au sérieux.
Finis les pétards et les films et les consoles.

Mais bon, on n’en est pas encore là…

samedi 11 août 2007

After the Wedding




Pour les détails aéroportuaires, je vous renvoie à l'article "Snake on a Plane" de mon confrère Khan dont vous trouverez le lien du Blog à droite de cet article. Triste (ou marrante?) vérité, et je trouve même qu'il y va pas assez fort...


Ca fait déjà 4 heures que je suis dans l’avion.

4 heures que j’attends que les techniciens réparent le moteur droit du Boeing qui doit me faire traverser l’Atlantique après que le pilote nous ait dit qu’il avait un souci et qu’on devait donc attendre. Le genre de truc qui rassure quoi, surtout que depuis le hublot de gauche j’aperçois deux types la tête dans le moteur et quatre pompiers, lance à eau braquée sur l’engin au cas où il prendrait feu, ou un truc dans le genre.

Un rapide flashback de l’avion explosant à la fin de 58 Minutes Pour Vivre me traverse l’esprit, comme ça.

J’avais compté 6 nonnes dans l’avion, je me disais « Il peut rien m’arriver c’est obligé, si Dieu il existe, mon avion il pèse là c’est sûr ».

Sauf que Dieu il a commencé à me mettre la pression ce bâtard.

Je discutais avec mes voisines américaines de retour de leur voyage humanitaire en Afrique du Sud et tout se passait bien, jusqu’à ce que l’une d’entre elles se mette à bader. Elle se sent mal, se contorsionne. Sa copine me dit qu’elle est claustrophobe et que compte tenu de la situation elle va pas bien. Tu m’étonnes. Les portes sont fermées et on respire de l’air recyclé depuis 4 heures. Je lui demande ce qu’on peut faire, elle me dit « Rien, faut juste qu’on décolle ». Bah ouais mais ça c’est mal barré…

Et c’est là que ça devient tendu.

La nana (celle qui bade) lève tout à coup la tête, regarde sa pote et lui demande « Tu veux bien prier avec moi ? ».

CASH

COMME CA

Bordel,

J’ai même pas quitté le tarmac de Charles de Gaulle que ce qui me répugne le plus chez les américains me prend déjà par les couilles. Avant de partir, je m’étais déjà préparé aux répliques, à comment j’allais me régaler d’envoyer chier un Jesus Freak (des ultras croyants quoi) américain en lui détaillant ma haine envers la religion.

Sauf que là je pouvais pas, parce que je suis pas un fils de pute à ce point.

Mais putain qu’est-ce que j’avais envie.

Ma gueule ébahie se crispe encore plus lorsque au milieu de sa prière je déchiffre

« Merci mon Dieu de nous mettre dans cette situation, de nous confronter à la difficulté, de nous tester. Je sais que rien ne peut nous arriver car quoi qu’il se passe, tu seras avec nous ».

Putain de merde quoi. La gonzesse remercie Dieu de l’enfermer dans un avion foncedé et de la faire bader.

Finalement l’avion décolle, après avoir dépassé les 5 heures de retard.

Des prières comme ça, elles ont du en faire 4 ou 5 autres en sept heures de vol. Le plus tendu c’est quand trois autres de leurs copines et une nonne se sont pointées pour prier ensemble. Hé ouais, parce que en scrèd, elles étaient avec les nonnes.

Et moi je suis là, entouré de cinq filles archi bonnes (et d’une nonne), mains unies, yeux fermés, marmonnant je ne sais quelles conneries.

Et je pète vraiment un câble, parce que là ou je vais, y’a limite que ça (pas des nonnes).

Bref, un total de 12-13 heures d’avion plus tard, me voilà à Boston, accueilli par mon cousin fraîchement arrivé de LA et qui a loué une voiture pour aller à l’hôtel se trouvant quelques 7 miles plus loin.

Il est 2h du matin.

Alors Boston, pour ceux qui ont la chance de pas connaître, c’est la ville où les autoroutes, c’est encore plus le bordel que le pire des bordels que l’on peut s’imaginer. Et quand c’est la première fois qu’on y est, avec 12h d’avion dans la gueule… c’est osh.

S’aidant de feuilles type Mappy et de Google Maps sur l’iPhone de mon cousin, après avoir demandé des milliers de fois la route aux Dunkin’ Donuts ouverts 24/7, on arrive à l’hôtel.

Il est 6h du matin.

10 kilomètres en 4h. Ca doit être un record.

Le lendemain, après m’être endormi choqué devant « Judge Mathis » une émission de procès à la con où un juge et le public se foutent de la gueule des gens (qui le méritent d'ailleurs), on a roulé jusqu'à Rhode Island, traversant la Nouvelle-Angleterre et profitant de la beauté du paysage, me faisant oublier les galères de la veille.

Et là, tout à coup, prise de conscience.

C’est là que tout a commencé : les premiers colons, ces exilés en quête d’un monde meilleur, fuyant persécutions et guerres, cherchant à faire fortune. C’est là qu’ils ont débarqué, sur ces plages, dans ces baies, ce sont leurs maisons que je vois aujourd’hui.

Pour la première fois, je suis aux USA et je m’intéresse à ce qui m’entoure.

Passer de Hollywood à Jamestown, du vide au plein, du superficiel au spirituel.

Contre toute attente, je suis content, et ca ne fait que commencer.

dimanche 22 juillet 2007

What's this motherfuckin' electron doin' right there ?


Trois jours.

Dans trois jours je m’envolerai une énième fois vers le pays de la démesure. Le pays où on est même pas arrivé qu’on se prend déjà la tête à essayer de savoir ce qu’on va ramener au retour, ou ce qu’on va y manger « Ouais, cette fois c’est obligé, j’me fais deux Western Bacon 6 Dollar Burgers » (ou plutôt comment on va éclater son précédent record), où l’une des premières choses qui nous passe par la tête avant d’y aller c’est « ‘tain, y’a quoi comme films déjà là-bas ? » et non « Waaa, ça va être trop bien de visiter le batimentsuperimportantquetoutlemondeveutvoir », où encore « Ah ouais, j’vais m’acheter un iPod là-bas, comme ça j’économise 37% avec le taux euro/dollar ! ».
Bref, t’as beau critiquer le pays, son gouvernement, ses actions, quand tu t’apprêtes à y aller, you’re no better than they are, le même couillon en quête de consommation.
Et tu kiffes.
Mais genre grave.

Mais bon, pas la première fois… à moins qu’un type comme moi vous ait déjà brainwash-é à l’avance à coups de « Ouaaaaaais les States ça déboîte, c’est trop pas cher, y’a trop de trucs, etc… ».

Passons.
En 20 ans d’aller-retours outre Atlantique, c’est la première fois que j’y vais pour des évènements familiaux. Une naissance et un mariage, en Californie et à Rhode Island (vous savez le plus petit Etat des USA, celui du film Me Myself and Irene / Fous d’Irene) respectivement côte Ouest et côte Est, avec en prime deux jours à Boston et trois jours à New York. C’est sympa non ? Grosse teuf, tise, burgers, bitches, fancy cars… Ca va tout niquer non ?

Ba bizarrement ça me saoule.
Et j'ai peur de faire tache.

Que n’aurai-je fait pour accompagner mes potes à Bayonne (qui elle aussi symbolise la démesure ces 4 jours de chaque début d’Août), m’asperger d’alcools en tous genres, chanter des chansons de poivrot, m’immiscer dans cette marée humaine de gais lurons vêtus de blanc et rouge, bouteilles et gourdes à la ceinture, fumer des pétards avec des inconnus, les oublier puis les retrouver dans mon appareil photo, se traîner d’une buvette à l’autre, revoir des amis perdus.
Boire, danser, rire et chanter…
Voilà des vacances, des vraies. Se déconnecter de tout durant cette semaine bachique ou seule votre flaque de déjection buccale vous rappelle à la réalité… Le reste importe peu.

Mais on en a décidé autrement pour moi.
Il faut faire acte de présence.
Et je le ferai.

De toute manière, les premiers palmiers en vue, roulant dans un SUV sur une autoroute interminable, la première enseigne de In-N-Out ou Carl’s Jr. croisée, j’oubliera cet article et mes appréhensions. Je me retrouverai passant d’une ville à l’autre, découvrant enfin autre chose que les villes en damier californien.

Si à l’ouverture du bal par les mariés, vous trouvez un type assis à sa table fixant le sol entre deux verres de Grey Goose, et qu’en tendant l’oreille vous l'entendez marmonner ce refrain…


J'irai de Pampelune jusqu'à Bayonne
J'irai de Dax jusqu'à Mont-de-Marsan
Je ferai le plus grand pèlerinage
Des festoyeurs de tous les temps.



…c’est que je pense à vous les amis.

mercredi 18 juillet 2007

I Wanna Jam It With You


Pour quoi faire ? Mais putain pourquoi je me retrouve à écrire ce texte en attendant de le publier sur le net ? Va savoir, la première chose qui me passe par la tête c’est que plus jeune, j’avais essayé de tenir une sorte de carnet d’histoires (pas un journal intime, et c’est pas parce que j’aurai eu honte d’en tenir un) que j’aurai voulu me relire de temps en temps, une sorte de chronique pour voir d’où je venais et où je suis arrivé. Ce carnet je devais l’écrire pour moi, le montrer à personne, my eyes only quoi, et en fait non. J’ai systématiquement eu besoin de le faire lire à des potes, le plus souvent des filles (ouais parce que j’étais le « genre de mec qui a plus de potes filles que garçons », encore un paquet de conneries tout ça, c’est les autres qui s’en tapaient le plus au final) comme pour partager mon désarroi. En y repensant, c’est juste triste et ça donne un petit sourire aux lèvres. C’est con quoi.

Voilà... près de 8 ans plus tard, ce carnet a du finir dans une poubelle et ça me donne toujours pas la réponse à ma question initiale. J’en sais rien en fait, pourquoi tenir ce blog ? Enfin si je sais sûrement mais mon inconscient, ce gros connard, ne veut pas me le dire. Mon pote Bob me répète depuis longtemps «Gars, fais un blog» (ouais juste ça, clair et concis) et aujourd’hui, ben j’ai eu envie.

Bon, pourquoi aujourd’hui ? En gros parce que je me retrouve célibataire, j’attends de savoir si je reste ou non en France l’année prochaine, et que pour une fois que tout devrait bien aller dans ma vie, à savoir les études et la famille (ouais parce que apparemment c’est ça la Vie, à partir d’un certain point on remplace "Etudes" par "Travail" et c’est bon, grosso modo, bientôt on va nous réimposer le "Patrie" vous allez voir) et bien en fait c’est relou. J’ai pas les vacances que je veux ni le job d’été, et je me plains tout le temps. Mon père m’engueule parce que "les vacances, surtout quand t’as rien à faire, c’est l’occasion de lire, alors lis des choses fondamentales comme le Coran, Le Manifeste du Parti Communiste, Montesquieu, les Evangiles selon Jean et Matthieu (ou je sais plus lequel de ces tocards), le Mahabharata, La Torah, Machiavel, etc..." Non, mon père n’est pas un fou de la religion, il est juste cultivé et m’encourage à l’être, et à mieux comprendre le monde actuel via les textes anciens. Seulement moi ça me les casse. Je fais ça à mon propre rythme et j’aime pas qu’on me pousse, je suis un novice dans le monde de la lecture et j’apprends lentement, alors faut pas me brusquer. Mon daron, c’est un mec pressé, il a pas le temps (vos races avec Faf Larage) et tout doit être fait vite. Moi je suis lent, et j’ai trop cru que j’avais le temps.

Alors voilà, très orienté sur moi-même n’est-ce pas ? En même temps c’est pour vous foutre dans le bain.

Pourquoi tenir ce blog ? Pour avoir un miroir autre que physique je suppose, une mise en abîme de soi quoi.

Mais allez, pour ne pas vous décourager et pour avoir un minimum de visites, sachez que cette page ne traitera pas que de ma gueule, mais aussi d’autres sujets vus par le craqueur que je suis. J’essaierai de faire ici un groupement des choses de la Vie ou du quotidien qui me paraissent assez chiants pour m’y attarder un minimum, pour pousser un coup de gueule quoi. Parce que écrire, c’est avant tout pour soi, on a beau écrire pour que les autres lisent, au final, c’est pour sa propre gueule. Et si dans tout ce bordel, vous vous y retrouvez, si vous vous identifiez au perso, c’est tant mieux, ou tant pis, ça dépend...

Bref, bienvenue dans la Narcothèque.